HISTORIQUE :

- De nationalité allemande, ce bâtiment, baptisé le Gauss, est modifié en cargo armé afin d’être utilisé comme forceur de blocus et devient le  SP 178 ; dénomination officielle au sein de la marine de guerre allemande ( la fameuse « Kriegsmarine » - SP pour  speerbrecher, mot allemand correspondant à forceur de blocus).

Il est coulé le 12 décembre 1942 lors d’une attaque menée conjointement par les destroyers HMS Whitshed, HMS Worcester et HMS Vesper, les escorteurs HMS Brocklesby et HMS Albrighton – de nationalité anglaise, et l’escorteur  Eskdale de nationalité norvégienne.

A cette époque, les alliés n’étaient pas encore maîtres de la mer, ni des airs en Manche comme en Atlantique, aussi leur objectif est d’attaquer la flotte allemande présente en Manche Est.

Lors de l’attaque, l’Eskdale torpille et coule le Sperrbrecher 144/Beijerland (387 BRT) à l’ouest du Tréport (position 50º05'N, 01º09'E) pendant que le Whitshed torpille et coule le Sperrbecher 178/Gauss (1236 BRT) dans le nord-est de Dieppe.

2 photos du Gauss encore navire marchand et une photo du SP 177, ex cargo Kepler, sistership du Gauss.

Une vue de tribord, en dessin, du SP 177, ex cargo Kepler, sistership du Gauss.

Ci-contre un cargo japonais se retrouvant en mauvaise posture face à la flotte américaine.

L'étonnante ressemblance de ce cargo armé avec le Gauss nous permet de visualiser les dernières heures de celui-ci.

Dessin en vue de profil du Gauss

Ballade en "8" sur le Gauss qui démarre sur milieu tribord, puis l'avant tribord et l"étrave, les cales 1&2, retour par bâbord, puis le moteur, puis l'arrière tribord, la poupe et retour au mouillage par une visite au château milieu bâbord...

La plongée : 

 

L’épave est très accessible, puisqu’elle repose, posée droite, par 25 mètres de fond maxi sur un lit de sable. Le bateau, entier, repose sur sa quille. La proue est entière, avec ses ancres à poste, surplombée par un superbe canon de 88 mm, caréné, fixé sur le gaillard avant aux pieds des treuils d’écubiers. Elle comporte encore les fixations et pivot du mât du bruiteur acoustique tombé sur le fond. La photo d'archive montre une proue de sperrbrecher ornée de ce type d'appareil. Les cales 1 & 2 sont accessibles, alors que les cales 3 et 4 sont affaissées ainsi que les murs de coques correspondant.

 

               En allant de l’avant vers l’arrière de l’épave, il est impératif d’admirer la proue ornée de son canon puis, après la visite de la cale 1, ornée de câbles électriques destinés à rendre le navire amagnétique aux capteurs des mines sous-marines alliées, on trouve les treuils des mats de charge ainsi que le moignon du mat de hune.

 

Au pied de celui-ci, sur tribord (épaule gauche), on trouve l’accès aux cales 1 &2 avec son échelle d’hiloire encore à poste. Posée sur la coursive tribord on trouve l’ancre de secours. Une incursion dans les cales est conseillée pour ceux et celles qui veulent admirer les bancs de bars qui y ont trouvé refuge.

 

Entre les 2 cales, on peut se faufiler sous le pont parmi un ensemble de fûts métalliques déformés par la pression ou l’incendie qui ravagea le navire. Dans la cale 2, il faut aller admirer le bruiteur, engin qui s’accrochait à l’étrave du navire afin de faire sauter à distance les mines acoustiques déposées par les alliés  afin de créer le blocus maritime. Cet appareil, bien qu’ayant l’apparence d’une bombe, est inoffensif. Sur la photo en noir et blanc on le voit en position relevé sur l'étrave.

 

Passé la cale n°2, on trouve sur bâbord (épaule droite) la timonerie littéralement arrachée et posée sur le sable, à côté du bateau. Un gros réservoir riveté, dédié à je ne sais quel usage (peut-être le réservoir d’air comprimé du servo-moteur de direction), est coincé sous la timonerie. Le centre de l’épave paraît avoir brûlé puisque le groupe propulsif, un moteur diesel à 6 pistons en série, haut d’au moins 3 mètres, émerge largement de la coque effondrée.

 

En remontant les cales 3 & 4 effondrées, on trouve sur tribord, émergeant du sable, qui un pan de pont carrelé, qui un pétrin ou une enclume nous précise la nature de l’endroit visité. Sur bâbord, on trouve les restes du pont recouvert de bois et, au milieu, le moignon du mat et les treuils des mats de charge. A suivre, ce qui ressemble à un moteur auxiliaire (ou un accouplement d’arbre d’hélice) puis un lavabo marque le début du château arrière.

 

La poupe est entière, enfouie jusqu’au bastingage dans le sable. Par conséquent, on ne peut apercevoir ni le gouvernail, ni l’hélice. Le château arrière est entier, il comporte une plate-forme trapézoïdale en surplomb, posée sur des étais cylindriques et où il reste deux plates-formes, dont l’une, en té, est caractéristique des supports de FLAK. (défense anti-aérienne) et l’autre, cubique, peut-être dévolue à un canon de petit calibre, artillerie aujourd’hui disparue.

 

A l’intérieur du château arrière, au milieu, on trouve le secteur de barre et la partie supérieure de l’axe du gouvernail. Sur la droite, ce qui ressemble à un groupe moteur électrique-alternateur ou moteur-pompe correspond peut-être à la commande de puissance de la barre.

 

A vingt mètres au droit de la poupe, repose un cylindre d’environ un demi-mètre de diamètre pour 2 de long. Orné de quelques orifices avec portée de joint, de vis à 6 pans et d’une d’attache à orin à sa base, on ne sait encore à l’heure actuelle si c’est un réservoir hydraulique ou d’air comprimé, d’une bouée ou encore d’une mine. A marée basse, la visite de l’épave peut se faire en une seule plongée. La vue d’un homard ou d’un saint-pierre agrémentera votre visite.

 

Bon trek, les tek…

 

This large merchantship some  232 x 36 x 14 feet was  taken over by the German navy and used for escort  duties. On the 11th of December  1942 she was  attacked and sunk by British warships  6 miles to   the north of Dieppe, there were only ten  survivors   from the sinking.

 Today this wreck sits on an even keel with   the bows  being the highest point, she rests in  only 25mtrs of  water and is very intact, a large  gun sits on the  bow as if ready for action, with the magazine store below full of ammunition. As you work your way back along the wreck you can explore the large hold area which gives good access for penetration, before you get to the engine room and then on to the rear and the stern accommodation. Debris litters the seabed and on one of our visits, all around the stern were dozens of cuttle fish, a fabulous sight.