Le Saint‑Dominique

Début XX ème siècle, 2 photos de 3 mâts - barque dont la construction est similaire au San - Domenico.....

HISTOIRE

Construit en 1893 en Italie - Chantiers Poli – il est baptisé du nom de San‑Domenico. Le navire mesure 80 mètres de long et jauge 1119 tonneaux. Il a la ligne pure et élancée des grands voiliers clippers de la seconde moitié du 19 ème siècle. Le 16 juin 1897, lège et peu lesté, il est remorqué du Vieux Port de Marseille vers l'Estaque pour des travaux de carénage. Trop lège, il ne résiste pas aux assauts du mistral qui souffle fort sur la rade. Face à l'actuelle grande jetée, il se couche sur le flanc, se remplit d'eau puis coule à pic en emportant vers le fond trois malheureux marins. Suite à l’essor des navires mécaniques, le renflouement ne s'avère pas rentable et le voilier est abandonné à son triste sort. Des scaphandriers récupérerons tout l’accastillage du bateau et – pour des raisons de sécurité liées à la navigation - il sera amputé de tous ses mâts. Il repose maintenant sous trente mètres d’eau depuis plus d'un siècle.

La plongée :

Descendre dans le bleu vers l'épave du Saint Dominique est une chose magnifique. Mis à part la rareté que représente ce type de navire, ce n'est pas tous les jours que l'on visite une épave dont la coque est en aussi bon état – pensez : un bateau à voiles qui fît partie de la génération des célèbres clippers, voiliers cargos à coque defer !

Arrivés à moins 15 mètres, l’ensemble des poutrelles du pont se dessinent. Apparaît alors la partie centrale du navire avec ses cales béantes, qui peuvent être visitées en jouant au passe-muraille dans l’important maillage de la structure métallique qui a - depuis longtemps - perdu pont, entrepont et cloisons.

 

En ressortant par l’emplacement du panneau de cale centrale, on peut alors se diriger vers le château arrière - culminant à ‑26 mètres – et se placer à la commande de la barre à roue et se laisser imaginer skipper le Saint‑Dominique au temps de sa splendeur, les cales remplies de marchandises, toutes voiles déployées et voguant fièrement vers de lointains horizons…Puis il est temps de basculer au-delà de la poupe et de s'attarder un instant pour en contempler, de profil, la courbure et le magnifique gouvernail encore en place.

 

Gardons le meilleur pour la fin, et longeons l'immense coque où subsistent chaumards, bittes d’amarrages et ancrages des haubans afin de quitter l'enchevêtrement des poutrelles métalliques du pont qui file vers l'étrave effilée du navire.

 

D’ici, l’effet de perspective est particulièrement saisissant. Bien verticale, entière sur sa quille, émergeant du grand bleu, l'épave semble naviguer et venir droit sur nous ! Parés à l’abordage… Le base du mât d’artimon, tronquée, évoque l’avant des galions d’autrefois.

FAUNE ET FLORE

A hauteur du filet qui habille la proue -côté tribord – l’épave est envahie de Doris géants, et de nudibranches jaunes et blancs Quelques vers spirographes et ascidies s’accrochent aux murs de coque. Quant aux habitants de pleine-eau familiers de l'épave, ils se résument à quelques loups, congres et anthias.

POSITION

Position :43° 18’ 68 N 5° 20’ 88 E 6 wgs 84

Mise à l'eau des bateaux à partir du Vieux‑Port de Marseille.